Sac d'évacuation ouvert avec équipements de survie dans une entrée de maison française
Publié le 5 février 2026
Trois heures du matin. L’alerte inondation retentit sur votre téléphone. Vos enfants dorment encore. Vous avez quinze minutes pour partir. Qu’emportez-vous ? Selon une étude Croix-Rouge/Crédoc 2025, 75% des Français ne se sentent pas préparés face aux inondations. Et 73% face aux incendies. Ces chiffres ne me surprennent pas : dans les familles que j’accompagne, la plupart découvrent leur impréparation au pire moment.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif. Respectez les consignes des autorités locales et adaptez votre préparation à votre situation personnelle et aux risques spécifiques de votre région.

Votre kit d’évacuation en 5 points clés

  • Autonomie visée : 72 heures minimum selon les autorités
  • Eau : comptez environ 2 litres par personne et par jour
  • Budget réaliste : entre 125 et 200€ pour une famille de 4
  • Stockage : accessible, jamais en cave ni au grenier
  • Vérification : tous les 6 mois pour les dates de péremption

Pourquoi 72 heures ? Ce que les autorités ne vous disent pas clairement

Soyons francs : quand une catastrophe majeure survient, les secours ne sonnent pas à votre porte dans l’heure qui suit. Les routes sont coupées. Les réseaux saturés. Les pompiers priorisent les situations les plus critiques. Selon la plateforme Géorisques du ministère, les premières 72 heures sont souvent les plus éprouvantes après une catastrophe. Électricité coupée, eau courante indisponible, routes impraticables.

Ne comptez pas sur les secours les premières heures

En cas de crise majeure touchant une zone étendue, vous devrez vous débrouiller seul avec votre famille pendant au moins trois jours. Ce n’est pas du catastrophisme : c’est la réalité logistique d’une intervention de grande ampleur.

Ce délai de 72 heures n’est pas arbitraire. Il correspond au temps nécessaire pour que les services d’urgence mettent en place une réponse coordonnée, ouvrent des centres d’hébergement, et commencent à distribuer eau et nourriture. Dans cette fenêtre, vous êtes votre propre secouriste.

J’accompagne des familles depuis plusieurs années sur ces questions. L’erreur la plus fréquente que je constate : croire que « ça n’arrive qu’aux autres ». Les inondations du Pas-de-Calais en 2023-2024, les incendies en Gironde, les tempêtes à répétition… Ces événements touchent désormais des zones qui se croyaient à l’abri. Pour comprendre pourquoi cette préparation s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’importance de la protection personnelle, il faut accepter que notre environnement devient plus imprévisible.

Les 3 catégories vitales de votre kit (dans cet ordre)

Je ne vais pas vous donner une liste de 50 objets. Vous n’avez pas le temps ni le budget. Mon approche : les 15 essentiels qui couvrent 90% de vos besoins. Le reste est du confort.

Survie immédiate : eau, nourriture, chaleur

L’eau d’abord. Toujours. Selon les recommandations officielles de la Sécurité civile, il faut prévoir une autonomie de 72 heures en attente des secours. Pour l’eau, comptez environ 2 litres par personne et par jour. Une famille de 4 personnes : ça fait 24 litres. C’est beaucoup. Mais c’est non négociable.

Pour la nourriture, oubliez les rations lyophilisées hors de prix. Des barres de céréales, des conserves avec languette (pas besoin d’ouvre-boîte), des fruits secs. Ça tourne autour de 40-50€ pour tenir 3 jours à quatre. Si vous cherchez du matériel fiable pour compléter votre équipement, cliquez ici pour découvrir des options testées sur le terrain.

La chaleur ensuite. Une couverture de survie par personne (3€ pièce). Un imperméable léger. Des vêtements de rechange dans un sac étanche. Ça paraît basique. Mais une nuit dehors en novembre sans protection thermique peut virer au drame médical.

Santé et hygiène : trousse, médicaments, protection

Votre trousse de premiers secours n’a pas besoin d’être exhaustive. Compresses stériles, antiseptique, pansements, ciseaux, pince à épiler, paracétamol, anti-diarrhéiques. Le strict minimum qui tient dans une pochette format A5.

Ce que les listes oublient systématiquement : vos médicaments personnels. Traitement chronique, inhalateur pour asthme, EpiPen pour allergie sévère. J’ai vu des familles évacuées incapables de renouveler une ordonnance pendant 5 jours. Prévoyez 7 jours de traitement dans votre kit, avec une copie de l’ordonnance.

Hygiène minimale : savon solide, brosse à dents, dentifrice format voyage, papier toilette (un rouleau compressé), mouchoirs, gel hydroalcoolique. Les protections périodiques si concerné. 10€ maximum pour l’ensemble.

Documents et communication : papiers, argent, contact

Dans les retours que je reçois, une erreur revient systématiquement : négliger les documents. Photocopies de pièces d’identité, RIB, attestations d’assurance, carnet de santé des enfants, numéros d’urgence de vos proches… En situation de stress, on pense eau et nourriture, rarement paperasse. Pourtant, sans pièce d’identité, impossible d’accéder à un hébergement d’urgence ou de retirer de l’argent.

Selon l’analyse UFC-Que Choisir, les objets périssables (eau, aliments, piles, médicaments) doivent être renouvelés régulièrement. Pour les documents, une clé USB étanche avec copies numériques est une sécurité supplémentaire.

Les 15 indispensables de votre sac d’évacuation

  • Eau : 6 litres par personne (bouteilles ou poches)
  • Nourriture non périssable pour 3 jours
  • Couvertures de survie (1 par personne)
  • Lampe torche à dynamo ou solaire
  • Radio à piles avec piles de rechange
  • Trousse de premiers secours
  • Médicaments personnels (7 jours) + ordonnance
  • Photocopies pièces d’identité et assurances
  • Espèces (100-150€ en petites coupures)
  • Chargeur portable téléphone
  • Kit hygiène minimal
  • Vêtements de rechange (1 tenue)
  • Sifflet d’urgence
  • Couteau multifonction
  • Sacs poubelle grands formats (multi-usage)

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle couvre le vital. Si vous avez des enfants en bas âge, ajoutez couches, lait en poudre, doudou. Un animal ? Croquettes et laisse. Adaptez à votre situation, mais ne tombez pas dans le piège suivant.

Le piège du kit parfait (et comment l’éviter)

Je vais vous raconter l’histoire de Sophie. Je l’ai accompagnée en 2023, après les premières alertes inondations dans le Pas-de-Calais. Elle avait fait les choses bien. Liste complète. Budget maîtrisé. Sac prêt.

L’erreur de Sophie lors des inondations du Pas-de-Calais

Sophie, 42 ans, mère de deux enfants, habitait une zone régulièrement touchée. Elle avait stocké son kit au sous-sol. Logique : c’était l’endroit le plus accessible depuis l’entrée. Sauf que le sous-sol, c’est le premier endroit inondé. En novembre 2023, quand l’eau est montée en quelques heures, elle a tout perdu. Le sac, les réserves d’eau, les documents. Elle a dû évacuer avec uniquement ce qu’elle avait sur elle.

La leçon : j’ai reconstitué son kit avec elle, cette fois stocké en hauteur, près de la porte d’entrée, dans un sac étanche. Le contenu identique, l’emplacement radicalement différent.

L’autre piège, c’est la paralysie par l’analyse. Vous lisez des dizaines d’articles. Chacun ajoute 10 objets à la liste. Vous finissez avec 80 items « indispensables » et un budget de 500€. Résultat : vous ne faites rien.

Conseil terrain : Commencez petit. Aujourd’hui, achetez les 5 premiers items de la liste (eau, nourriture, couvertures, lampe, radio). Cette semaine, ajoutez le reste. Dans 14 jours, votre kit est opérationnel. Budget échelonné : 40€ la première semaine, 40€ la deuxième, 45€ la troisième.

Autre cas que j’ai vu passer : Marc, un père de famille de Nîmes que j’ai conseillé après les épisodes cévenols. Son kit était prêt. Parfait sur le papier. Le jour de l’alerte orange, il découvre que ses lampes torches ont des piles mortes. Magasins fermés. Il a évacué avec son téléphone comme seule source de lumière. Batterie tombée à 15% en pleine nuit.

Ma recommandation systématique maintenant : lampes à dynamo ou solaires. Plus chères à l’achat (15-20€), mais aucune mauvaise surprise le jour J. L’investissement dans du matériel fiable vaut mieux que des économies sur des produits qui vous lâchent au pire moment.

Vos questions sur le kit d’évacuation

Combien coûte un kit d’évacuation complet ?

Pour une famille de 4 personnes, comptez entre 125 et 200€ selon la qualité du matériel. L’eau et la nourriture représentent environ 50€. Le reste se répartit entre éclairage (20-30€), trousse de secours (15-25€), et divers (documents, sacs, accessoires). Étalez vos achats sur 2-3 semaines pour absorber la dépense.

Où stocker son sac d’évacuation ?

Près de la sortie principale, accessible en moins de 30 secondes. Jamais en cave (risque inondation), jamais au grenier (accès difficile en urgence). Un placard d’entrée, une penderie du couloir. Toute la famille doit connaître l’emplacement exact.

Faut-il un kit différent pour les enfants ?

Pas un kit séparé, mais des ajouts dans le kit familial. Couches et lait en poudre pour les bébés. Doudou ou objet réconfortant pour les petits. Jeux de cartes ou livre pour occuper pendant l’attente. Adaptez les quantités d’eau et de nourriture : un enfant de 6 ans consomme moins qu’un adulte.

À quelle fréquence vérifier son kit ?

Tous les 6 mois minimum. Vérifiez les dates de péremption (eau, nourriture, médicaments), l’état des piles, le fonctionnement des lampes et radio. Profitez du changement d’heure pour faire cette vérification : c’est un bon repère mnémotechnique.

Kit fait maison ou tout prêt : que choisir ?

Le kit maison coûte moins cher et s’adapte exactement à vos besoins. Le kit tout prêt gagne du temps mais contient souvent du superflu ou des quantités insuffisantes pour une famille. Mon conseil : constituez votre propre kit en suivant la liste des 15 essentiels. Vous maîtrisez le contenu et le budget.

Pour ceux qui exercent des métiers à risque ou souhaitent approfondir la question de la sécurité personnelle dans un cadre professionnel, des équipements spécifiques existent. Vous pouvez consulter les informations sur le rôle des gilets pare-balles professionnels pour mieux comprendre ces enjeux.

Et maintenant ?

Votre kit n’a pas besoin d’être parfait. Il doit exister. Un sac incomplet vaut infiniment mieux qu’une liste idéale restée sur le papier.

Cette semaine, faites l’inventaire de ce que vous possédez déjà. Une lampe torche dans un tiroir, des conserves au fond du placard, un vieux sac de randonnée. Vous avez probablement 30% du kit sans le savoir. Complétez le reste progressivement. Dans 14 jours, votre famille sera prête à affronter les 72 premières heures de n’importe quelle urgence.

Adapter votre kit à votre situation

  • Cette liste est une base générale à personnaliser selon vos besoins familiaux spécifiques
  • Les risques varient selon votre région (consultez georisques.gouv.fr)
  • Les quantités indiquées sont des moyennes pour un adulte en bonne santé

Pour aller plus loin : votre mairie, préfecture ou Croix-Rouge locale proposent des formations premiers secours qui complètent utilement cette préparation matérielle.

Rédigé par Julien Marchand, spécialiste en préparation aux situations d'urgence et équipements de survie depuis 2018. Il conseille particuliers et familles dans la constitution de kits d'évacuation adaptés aux risques français (inondations, incendies, tempêtes). Son approche privilégie le pragmatisme et l'accessibilité : des solutions concrètes, un budget maîtrisé, zéro superflu.